BASHO

5 / 7 / 5




https://fr.wikipedia.org/wiki/Sarumino

Livre I - Hiver
Livre II -  Eté
Livre III - Automne
Livre IV - Printemps
Livre V
 Première averse
 Lune d'été
 Du seau à lessive
 Prunier jeunes herbes
Livre VI
 Notes de la demeure d'illusion
 Inspiré par les notes
 Le journal de l'accoudoir
Postface de Jôsô


 (Introduction René Sieffert)

(...) il (Bashô) insistera tout particulièrement sur trois qualités que doit comporter la poésie : sabi, la "patine", karumi, la "légèreté" (l'absence de lourdeur), kokkei, le "cocasse" [cf à ce sujet: Notes de Koyraï et les Trois livres de Tohô ] Rappelons seulement que le sabi est l'émotion que suscite la constatation, que l'on peut faire à chaque instant, que le temps dégrade tout ce qui nous entoure, et singulièrement tout ce qui vit, l'arbre comme la fleur, l'homme aussi bien que la cigale. L'essence du sentiment esthétique, le principe même de l'art est là, dans cette fragilité, dans cette universelle impermanence" que souligne lourdement le bouddhisme, que rappelle cruellement une nature prodigue, au Japon plus qu'ailleurs, en cataclysmes de toutes sortes. 


Première averse
le singe aussi aimerait
un petit manteau

Bashô

Traduire de la poésie est une entreprise qui relève de la haute voltige
(...) la difficulté majeure, celle qu'oppose la forme qui, loin d'être débarrassée, comme l'affirme Roland Barthes, des contraintes métriques, est, tout au contraire, d'une inflexibilité quasi absolue, au point que Bashô lui-même avait renoncé à l'assouplir, après quelques tentatives qui ne l'avaient que médiocrement satisfait. En faire fi dans une traduction, en faire du "vers libre", disposé sur trois lignes (...) c'est perdre irrémédiablement un élément qui, pour être purement formel, n'en est pas moins essentiel.(...)
Restait le problème de la compréhension. (...) l'extrême concision permet à l'auteur de suggérer et au lecteur d'imaginer toutes les interprétations que son humeur du moment lui inspire. (...) quand à la métrique, pinaillage de cuistre ou de pédant ! :-)

(Préface de Kikaku)
Composer un recueil de haïkaï, jadis ou naguère, a toujours été l'occasion de relever l'honneur de cette voie. Le principe premier de sa magie est que si vous ne mettez une âme dans vos versets, ce ne sera que rêve dans un rêve. Durablement préservé en ce monde, de longtemps transmis aux hommes, cet art permet de connaitre le variant dans l'invariant

[ La poésie est une "magie", jenjutsu, littéralement un "art d'illusion", qui n'opère que si l'on parvient à lui insuffler une âme, tamashii (...)
"Le variant dans l'invariant" : l'art permet d'immortaliser l'instant présent et de faire, par sa magie, du fluant (ryûkô) une des composantes de l'immuable (fueki)
"Les cinq vertus du haïkaï ". Saïto Tokugen, du Teimon, les définit comme suit dans son "Initiation au haïkaï", Haïkaï shogaku shô (1641) :
"Le haïkaï, outre les vertus du renga, présente cinq atouts supplémentaires:
premièrement, le fait qu'on utilise des mots de langage ordinaire;
deuxièmement, le fait qu'on peut se mettre en valeur tout en restant plaisant;
troisièmement, le fait qu'il suscite de l'intérêt sans intermédiaire;
quatrièmement, le fait que le novice, par un apprentissage facile, est porté tout naturellement vers la poésie;
cinquièmement, le fait que, même sans lumières particulières sur les poèmes des anthologies, les événements du passé ou les précédents historiques, on peut éveiller l'intérêt, fut-ce par un verset unique." ]

"Du héron cendré
qui dort en plein jour la pose
est digne et sereine"

Bashô - Livre V - Première averse
(image de la sérénité de qui a renoncé à la vaine agitation de ce monde)





De nuit, sous la lune
un ver secrètement 
Creuse une châtaigne 

Les pierres semblent fanées
et même l'eau s'est tarie -
L'hiver à son comble 

Crachin de juin -
les pattes de la grue
Ont raccourci 

Vu les sept derniers jours

Poésie ininterrompue - Eluard

Réflexion... Hannah Arendt

Réflexion... Sœur Emmanuelle

Réflexion... Saint John Perse

Supervielle C'est vous quand vous êtes partie

Yves Bonnefoy Le PONT DE FER

Réflexion... Poésie René Crevel

Pierre REVERDY Toi ou moi

ALEJANDRA PIZARNIK. Mots

René Char- Commune présence