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être ou pas

Un client me communique son adresse mel "Attention, je n'entends pas bien. Je vais aussi noter votre téléphone... Les chiffres se chevauchent, je ne vois plus bien non plus. Il faut dire que je pars bientôt à la retraite " Il se retient de rire pour compatir : "Cela vous fera du bien  - Oh oui, je crois..."  C'est là que nous sommes ensemble partis du fou-rire.  On ne peut qu'être et avoir été 

Bernard Delvaille

"Lorsque la mort viendra, aurai-je assez de paix en moi, et de désir, et de silence? Faudra-t-il rencontrer pour la dernière fois, dans le miroir du vent, celui que je n’ai pas su être ?…"
Bernard Delvaille

Marcelle Delpastre

La place 
Comment peux-tu parler de ces pays lointains, si tu n’es pas  allé jusqu’au bout de l’angoisse ?  Comment sais-tu la mer, qui ne se dit qu’aux temps futurs, sans avoir voyagé jusqu’au fond de l’espoir ?  Ici tu as vécu. Chaque chose t’apprenait sa place. L’hiver et la saison des fruits, le goût des pommes, le poids des paniers, le dos courbé sur les genoux, l’odeur de la terre. Tu connaissais le bois qui résiste au couteau, qui éclate en parfums sous la hache, qui se polit entre les paumes. Et l’arbre qui se tient debout. Tu comprenais la pierre arrachée au sol, le sable et la poussière. Tu  bâtissais le mur, tu élevais le toit. Tu as touché avec tes  mains, tu soulevais avec tes bras. Tu semais sur la terre ouverte, tu fauchais la gerbe. Tu portais sur l’épaule et menais jusqu’au bout l’office lent du pain. Tu savourais tes nourritures.  Chaque chose te disait son poids, sa forme et sa mesure. Chacune t’enseignait son corps. Tu essayais ta force et son désir contre chacune. Et n’oublie pas les…

Tristan Cabral

Jean  Yves Masson
Adieu à Tristan Cabral, poète épris de liberté et de beauté comme il y en a peu. Dans sa jeunesse, il se rêva suicidé à 24 ans, présentant ses poèmes comme ceux d'un jeune homme disparu. Puis il garda le nom de ce double fictif et poursuivit sa route entre les morts et les vivants, de livre en livre. La mort lui était une compagne familière, comme le prouve encore ce poème de 1998, pourtant résolument tourné vers la vie: 
Quand je serai parti je ne veux pas que le soleil se colore de sang je ne veux pas que meurent les arbres de Judée mais que le chant des louves veille sur les hommes seuls mais qu’on demande à ceux qui restent s’ils savent où la douceur s’est réfugiée qu’on refuse d’abjurer et que partout la liberté insiste !... d’où je ne serai plus il faudra bien qu’il neige je serai dans l’odeur des œillets dans la douleur des arbres je serai dans les mains habilleuses des morts et sur tous les chemins d’un Peuple de Beauté et je dirai des mots qui sentent encore les pommes et …

Premières cerises

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Ce furent aussi les dernières 
25 09 2020

11 mai 2020

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On fait comme on peut Comme on veut Si on peut Surtout

Camille Lecrique, Écumes

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Déconfiture

Déconfiture 
Je ne crois pas que ce monde va changer On pointe toujours du doigt ceux qui sortent du cadre On crie au scandale à la moindre incartade  Sans aucun sens de l'humour La peur partout s'insinue s'infiltre S'expose explose  Ah ! la bonne conscience collective Si vous continuez (de sortir) nous serons tous cloîtrés Plus longtemps C'est si long d'être chez soi Avec soi Avec les siens Ceux qu'on a choisi pour la vie Cette vie qui s'arrête sur le vide Cette vie si précieuse qu'on y meurt Seul isolé désespéré De respirer sans exister Dommage collatéral D'une société qui ne sait plus Accompagner la mort Qui s'est crue invincible  Parce que vaccinée 
Gabrielle 

La plage

À Fred C. 
Je ne suis pas allée à la plage  C'est moche une plage C'est plein de sable Des grains qui se collent S'agglutinent entre les orteils  Entourent tes mollets  Tu les ramènes à la maison  Or c'est interdit de sortir  Le sable de la plage  Je ne suis pas allée à la plage  C'est dangereux une plage  Quand le vent joue dessus  Crée ses châteaux  T'envoie la poussière  Dans les yeux  T'aveugle te fait pleurer Toute la misère  Toute la misère  Je n'irai plus à la plage 
Gabrielle BUREL 


Guy Chaty

Le poète Guy Chaty s'en est allé le 7 avril . Lisons, relisons ses poèmes.
  À QUOI PENSENT LES OISEAUX
A quoi pensent les oiseaux
quand ils volent ?
          une mouette sur la mer
          corps fixe, ailes battantes
                  elle entend   quoi
                  son sang    le vent ?
                  vire et plane
                  œil têtu
        le voulant, se soulève
.
Oiseau j'aurais pu être
enfermé dans ce corps lourd          qui vole
regardant par ces yeux noirs
.
moi planté sur le sable bercé par l'océan
        j'entends       chant continu
        le vent         mon sang
.
demain la terre encore
         et les mouettes sur la mer
.
A quoi pensent les oiseaux
quand ils volent ?
Extrait de "Au jour : Le Jour ; Et quand le sentiment sourd"

RÉSISTANCE DU PEUPLIER     
 Le grand peuplier résiste au vent qui rage de le voir encore debout.  Il a appris à se battre depuis sa naissance, a grandi sous les souffles puissants : il est bien sûr un peu penché mais fortement…

Courage à tous

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covid19
Confinement J3



 Fin de vie sociale


Distanciation ...
Pensez à mettre un masque avant de hausser le ton 


La lecture du mois ...
https://fr.wikisource.org/wiki/Auteur:Xavier_de_Maistre


Bonne année

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Venise

Dans la nuit du 12 au 13 novembre, Venise est morte. Rien à voir avec La Mort à Venise de Thomas Mann. Je vous parle d’une ville entière à l’agonie. Et ce n’est pas une simple inquiétude, car la gravité de la situation empêche de se laisser aller aux émotions passagères. Non, c’est un sentiment profond qui m’envahit tandis que je marche et regarde autour de moi. Un sentiment de douleur et d’incrédulité. Une prise de conscience aussi : dans certains cas, l’expression « ne pas avoir de mots » a un fond de vérité. Vous pourrez lire mille reportages, y compris cet article, aucun, pas même ceux qui auraient été écrits par des maîtres comme Hemingway ou Emmanuel Carrère, ne parviendrait à transmettre la douleur, la rage, l’incompréhension, la peur, toute cette gamme de sentiments que seul un habitant de Venise, seul celui qui a choisi Venise pour son caractère unique, seul celui qui y est né, peut vraiment éprouver.
Je sors de chez moi, armé d’un carnet, d’un stylo et de mon smartphone pour …

Ma fille

Faut que je te dise
Ma fille a une maladie orpheline
Un truc qui va la laisser
Paralysée
Au mieux
Alors je meurs à petit feu Parce que
Toucher sa gosse
C'est affreux
C'est impossible
Juste impossible Gabrielle BUREL
20 09 19