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Ma fille

Faut que je te dise
Ma fille a une maladie orpheline
Un truc qui va la laisser
Paralysée
Au mieux
Alors je meurs à petit feu Parce que
Toucher sa gosse
C'est affreux
C'est impossible
Juste impossible Gabrielle BUREL
20 09 19

Assomption

Bonne Fête de l’Assomption

Poètes et mystiques ont chanté Marie. Voici la prière de Jean-Paul Hoch, Ancien Supérieur Général de la Congrégation du Saint-Esprit.

Quand vient pour nous
l'heure de la décision
Marie de l'Annonciation,
aide-nous à dire "oui".Quand vient pour nous
l'heure du départ,
Marie d'Égypte,
épouse de Joseph,
allume en nous l'espérance.Quand vient pour nous l'heure
de l'incompréhension,
Marie de Jérusalem,
creuse en nous la patience.Quand vient pour nous l'heure
de l'intervention,
Marie de Cana,
donne-nous le courage
de l'humble parole.Quand vient pour nous l'heure
de la souffrance,
Marie du Golgotha,
fais-nous rester aux pieds de ceux
en qui souffre ton Fils.Quand vient pour nous l'heure
de l'attente,
Marie du Cénacle,
inspire-nous notre commune prière.Et chaque jour, quand sonne pour
nous l'heure joyeuse du service,
Marie de NazarethMarie des monts de Juda,
mets en nous ton cœur
de servante.Jusqu'au der…

Maho artiste peintre et sculptrice

N'hésitez pas à visitez le site de ma cousine Maho :)

https://dkmaho29.blogspot.com/


De nouveau

De nouveau


J'écrirai encore
Le malheur tisse ses larmes
Avec le fil de ma joie
La vie, savez-vous, la vie
est surprise et souffrance
Toujours tient les rênes
 Sans état d'âme

Et les mots reviennent
Comme au premier souffle
La douleur creuse son sillon
Sur le papier et s'abreuve d'encre






 Gabrielle Burel
Aout 2019


https://theblogofgab.blogspot.com/2018/09/je-n-plus-gabrielle-burel.html Je n'écrirai plus


CHARLES D'ORLEANS Mélancolie

Fermez-lui l’huis au visage
Mon cœur, à Mélancolie
Gardez qu’elle n’entre mie
Pour gâter notre ménage Comme le chien plein de rage
Chassez-la, je vous en prie
Fermez-lui l’huis au visage
Mon cœur, à Mélancolie C’est trop plus notre avantage
D’être sans sa compagnie
Car toujours nous tance, et crie,
Et nous porte grand dommage.
Fermez-lui l’huis au visage.CHARLES D'ORLEANS  (1394~1465)(Via Peigneurs des Comètes)

Paul Verlaine Colloque sentimental

Paul Verlaine (1844 -1896) : Colloque sentimental « Dans le vieux parc solitaire et glacéDeux formes ont tout à l'heure passé.Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,Et l'on entend à peine leurs paroles.Dans le vieux parc solitaire et glacéDeux spectres ont évoqué le passé.- Te souvient-il de notre extase ancienne?- Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne?- Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom?Toujours vois-tu mon âme en rêve? - Non.Ah ! les beaux jours de bonheur indicibleOù nous joignions nos bouches ! - C'est possible.- Qu'il était bleu, le ciel, et grand, l'espoir !- L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir. Tels ils marchaient dans les avoines folles,Et la nuit seule entendit leurs paroles. »Revue « L’Artiste », 1er juillet 1868Ferdinand Sartorius, éditeur, Paris

Réflexion... CARLO BORDINI Poésie

POÉSIE, LA SEULE QUI DISE LA VÉRITÉ, PAR CARLO BORDINI
J’aime la poésie parce que lorsque j’écris je sais toujours d’où je pars, et je ne sais jamais où j’arrive. J’arrive toujours en territoires inconnus, et j’en sais plus après qu’avant. J’écris ce que je sais, mais je le sais pendant que je l’écris, et pour moi la poésie est toujours la source de continuelles révélations. C’est comme si, durant l’écriture, il y avait en moi de brusques ruptures de l’inconscient. En ce sens je suis assez convaincu que le mot précède la pensée, qu’il est un véhicule de la pensée. On n’écrit pas ce que l’on sait, mais on le sait après l’avoir écrit.Parfois j’écris des choses dont je ne sais absolument pas ce qu’elles signifient; je le comprends après, ou parfois, ce sont les autres qui viennent me l’expliquer. Je suis d’accord, en ce sens, avec ce qu’écrit Perniola: « Le poète n’est pas le meilleur artisan, mais le meilleur outil. » Je ne crée pas, je suis créé. Je n’écris pas, mais je suis écrit. Que…

LEONOR GNOS - LE BLEU DE L'EAU

LEONOR GNOS - LE Bleu  De  L'eau  Bleu de l'eauun horizon sur mon visageles vagues dans les yeuxle miroir de la mémoireavant que l'écume s'érigeen fontaines géantesles mouettes se précipitentcontre le vent tombent soudaincomme des pierresj'aimerais les caresserje sais qu'elles ont peur elles aussipar moments la confusion le fracasje devrais sauter dans l'eaume battre contre l'irradiationsans la tentative de m'accrocherà l'écho du matincar le soir commence à chavireret la nuit se remplit de voixqui se plaignentun arôme de nécrose sur la languele flot arrive il est immenseil coupe le chemin à tous les criset le mot n'a plus aucun sensà la première lumière du cielje recherche le bleu de l'eaul'horizon aux mille visagesles yeux dans les vaguespleines de contes de mort

PAUL CELAN, Je suis seul

PAUL CELAN, Je suis seul JE SUIS SEUL, je mets la fleur de cendre
dans le verre rempli de noirceur mûrie. Bouche-sœur,
tu prononces un mot qui survit devant les fenêtres,
et sans un bruit, le long de moi, grimpe ce que je rêvais.Je suis dans l’efflorescence de l’heure défleurie
et mets une gemme de côté pour un oiseau tardif :
il porte le flocon de neige sur la plume rouge-vie ;
le grain de glace dans le bec, il arrive par l’été.

Malcolm Lowry – Trente-cinq mescals à Cuantla

Malcolm Lowry – Trente-cinq mescals à Cuantla Le pire de tout, c’est ce tic-tac,
Vous savez, qu’on entend en bateau, dans le train,
Et qu’on entend partout, car il est le destin;
Tic-tac de la mort vraie, non pas seulement du temps;
Termite rongeant les lambris pourris du monde
Et pour toi c’est la mort, même si tu connais
Le tic-tac silencieux du coeur qui va faillir
Dans sa course contre la montre, battement
Qu’on entend de partout, qui toujours ralentit
Mais qui n’est pourtant pas le tic-tac de la mort vraie,
Seulement celui du temps, seulement le carillon
Qui sonne dans le coeur quand une peur soudaine
Fait grelotter le corps comme un réveil patraqueLe réfrigérateur ronronne dans le bar
Tandis que la gare émaciée oppose
Son bourdonnement aux bruits de la rue
Que dirai-je sans injustice
De ce lieutenant aux épaules larges – une main
Derrière le dos, salie de sang, tient un cigare -
Sinon qu’il bouche tout un pan
De ce soleil intermittent
Sous lequel luttent contre la tempête
Des br…

RAINER MARIA RILKE Ô Nostalgie Des Lieux

RAINER MARIA RILKE (1875-1926)Ô NOSTALGIE DES Lieux Ô nostalgie des lieux qui n'étaient point
assez aimés à l'heure passagère,
que je voudrais leur rendre de loin
le geste oublié, l'action supplémentaire ! Revenir sur mes pas, refaire doucement
- et cette fois, seul - tel voyage,
rester à la fontaine davantage,
toucher cet arbre, caresser ce banc ... Monter à la chapelle solitaire
que tout le monde dit sans intérêt ;
pousser la grille de ce cimetière,
se taire avec lui qui tant se tait. Car n'est-ce pas le temps où il importe
de prendre un contact subtil et pieux ?
Tel était fort, c'est que la terre est forte ;
et tel se plaint : c'est qu'on la connaît peu.

FRANCOIS COPPEE - Hymne à La Paix

FRANCOIS COPPEE - HYMNE À LA PAIXLa paix sereine et radieuse
Fait resplendir l’or des moissons;
La nature est blonde et joyeuse,
Le ciel est plein de grands frissons. Hosanna dans la fange noire
Et dans le pré blanc de troupeaux;
Salut, ô reine! ô mère! ô gloire
Du fort travail, du doux repos!Viens, nous t’offrons l’encens des meules;
Reste avec nous dans l’avenir;
Les bras tremblants de nos aïeules
Sont tous levés pour te bénir. Le front tourné vers ton aurore,
Heureuse paix, nous t’implorons;
Et nous rythmons l’hymne sonore
Sur les marteaux des forgerons. Reste toujours, reste où nous sommes!
Et tes bienfaits seront bénis
Par la nature et par les hommes,
Par les cités et par les nids.Tous les labeurs sauront te dire
Leurs grands efforts jamais troublés:
Le saint poète avec la lyre,
Le vent du soir avec les blés. Ainsi qu’un aigle ivre d’espace
Monte toujours vers le soleil,
Le monde entier qui te rend grâce
Accourt joyeux à ton réveil;Car le laurier croît sur les tomb…

JEAN COCTEAU Désespérance

JEAN COCTEAU Désespérance Je n’ai pas dix-huit ans et j’ai déjà souffert !
Faudra-t-il donc toujours avoir le cœur qui saigne,
Le front emprisonné dans un étau de fer…
Sont-ce les pleurs que l’existence nous enseigne ?
Me faudra-t-il marcher vers le tombeau béant
Avec l’œil qui se mouille et s’angoisse et s’effare,
Et n’oser pas risquer mes pas timides, en
Cherchant à l’horizon l’assurance d’un phare ?
Me faudra-t-il partir comme je suis venu,
Ignorant de tous ceux que j’aurais dû connaître,
Avec mes doigts crispés sur mon corps maigre et nu,
Et lorsque je mourrai, commencerai-je à naître ? (…)
J’aurai goûté le vin sans toucher à la lie,
Un vin amer, un vin empoisonneur mais doux !
Je demande à mourir, car j’ai peur de la vie,
Et je la laisse aux forts, aux naïfs, et aux fous !

JEAN REVERDY - La cloche cœur

JEAN REVERDY - La cloche cœur La cloche qui sonne on ne l’entend pas
L’air est trouble
Un bruit de pas glisse sur le palier
Personne n’entre
Non personne ne veut entrer
Il y a là une ombre qui tremble
Le soir est à la vitre et baigne la maison
Je suis seul
Et le temps d’attendre
A noué l’heure et la saison
Plus rien ne me sépare à présent de la vie
Je ne veux plus dormir
Le rêve est sans valeur
Je ne veux plus savoir ce qui se passe
Ni savoir si je pense
Ni savoir qui je suis
Dans la nuit les murs blancs fondent autour du poêle
Quand le chat regardait les signes du plafond
Il n’y aura rien ce soir
Arrête ta mémoire
Personne ne viendra te voir
Le cœur mieux étouffé bat sous la couverture
Et se démène à corps perdu
Qui viendra lui donner
Sa dernière blessure
Et qu’il ne se réveille plus

José Saramago – Il doit y avoir

José Saramago – Il doit y avoir Il doit y avoir une couleur à découvrir,
Un assemblage de mots caché,
Il doit y avoir une clé pour ouvrir
La porte de ce mur démesuré.Il doit y avoir une île au Sud,
Une corde plus tendre et résonnante,
Une autre mer qui nage dans un autre bleu,
Une autre hauteur de voix qui chante mieux.Poésie tardive toi qui n’arrives
À dire pas même la moitié de ce que tu sais :
Ne te tais pas, si possible, ne renie pas
Ce corps de hasard où tu ne tiens pas.