Ilarie Voronca - 1903 1946



ILARIE VORONCA (1903~1946)

L'apprenti fantôme

Une lumière qui avance lentement comme l'eau
Dans un morceau de sucre. Une lumière
Qui me découvre peu à peu. Ai-je une bouche
Comme les gens d'ici ? Des bras, des jambes ? Quel miroir

Me rendra soudain à moi-même ? Quelle baguette
Magique, me fera redevenir semblable
À ceux qui m'ont fermé leur porte ? Et je tournais
Autour de leur maison comme un vent fou de désespoir

Ah Est-il merveille plus grande que ces yeux
Qui relient la face à l'univers qui l'entoure ?
Ils savent percer le lointain mais aussi comme une feuille
Ô la pluie pénètre ils savent retenir d'énormes visions.

Et l'oreille qu'émeut la voix de l'ami ou le grondement
Du tonnerre ? Et les mains qui pétrissent le pain ?
Et les pieds qui, soumis, silencieux comme deux chiens,
Conduisent l'homme sur les traces de la lumière ?

Hommes et femmes qui êtes d'ici et qui savez
Reconnaître chaque pierre et qui vous appelez
Avec des noms pleins jusqu'au bord de souvenirs.
Puis-je apprendre vos jeux, puis-je vous dire,

Quelle joie est la vôtre : le matin au réveil
Vos doigts qui retrouvent comme un clavier le monde
Le soleil du parler rayonne dans vos bouches
Chaque mot est aimé par vos pères et vos enfants.

(Presses du Hibou, 1938)


http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/voronca/voronca.html

http://www.leshommessansepaules.com/auteur-Ilarie_VORONCA-14-1-1-0-1.html

https://schabrieres.wordpress.com/2009/12/31/ilarie-voronca-rien-n%E2%80%99obscurcira-la-beaute-de-ce-monde-1940/

http://www.barapoemes.net/archives/2016/06/08/33930732.html

http://dormirajamais.org/chambre/




https://fr.wikipedia.org/wiki/Ilarie_Voronca

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