Henri Pichette 1924 - 2000





Ode à la neige






L’Ode à chacun
Soleil, ouvre grandes les Portes :
Ce monde est parsemé d’œuvres douces et fortes.
Eclaire-moi, qui veux illuminateur
Tel un fou, tel un sage, oui, tel un créateur.
Que paroles du cœur voient le jour sur mes lèvres !
Si j’ai, d’interminables nuits, tremblé
De perdre la flamme tandis que je suais la fièvre,
Jamais les champs ne m’ont apparu noirs de blé.
J’ai vu la petite Aube sourire à l’Océan.
Je ne suis plus l’animal seul
A se lamenter entre deux néants,
Ni l’insane qui songe à déserter le sol.
Parmi les hommes à la peine
Je m’instruirai. Touché, je haïrai la haine ?
Je participerai plein de cœur aux efforts
De la verte forêt toutes feuilles dehors.
L’espoir, voici l’espoir, le grave espoir lucide
Qui veut qu’âme, ombre et chair on se décide.
Ô prometteuses fleurs ! possibles fruits heureux !
Que le sang vénéré provigne, généreux.
Ô le travail de la contemplative prière,
Une rosée en larmes de lumière.
HENRI PICHETTE (1924~2000)
In Je me plais à la neige, à la grêle, au tonnerre, Gallimard

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