Anna de Noailles 1876 1933


J’écris

J’écris pour que le jour où je ne serai plus
On sache combien l’air et le plaisir m’ont plu,
Et que mon livre porte à la foule future
Combien j’aimais la vie et l’heureuse nature.
 
Attentive aux travaux des champs et des maisons
J’ai marqué chaque jour la forme des saisons,
Parce que l’eau, la terre et la montante flamme
En nul endroit ne sont si belles qu’en mon âme.
 
J’ai dit ce que j’ai vu et ce que j’ai senti,
D’un cœur pour qui le vrai ne fut point trop hardi,
Et j’ai eu cette ardeur, par l’amour intimée,
Pour être après la mort parfois encore aimée,
 
Et qu’un jeune homme alors lisant ce que j’écris,
Sentant par moi son cœur ému, troublé, surpris,
Ayant tout oublié des compagnes réelles,
M’accueille dans son âme et me préfère à elles... 

ANNA DE NOAILLES  -  l'Offrande (Orphée / La Différence)
L'Ombre des jours, 1902

http://www.annadenoailles.org/







Vu les sept derniers jours

Réflexion... Michel Billé

Réflexion... Hannah Arendt

René Char- Commune présence

Yves Bonnefoy Le PONT DE FER

Réflexion... Poésie René Crevel

Supervielle C'est vous quand vous êtes partie

Pierre REVERDY Toi ou moi

ALEJANDRA PIZARNIK. Mots

Poésie ininterrompue - Eluard