Oléron ~ Gabrielle Burel sur La Cause Littéraire

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Oléron
Avalé par la forêt
Coupé de la mer
S’enroue le souffle
À travers les pins

Et le sable
Recouvrant le sentier
Vole de la dune

Les troncs noircissent
Béants dressés dans le ciel serein
Et le sable
Roule vers la mer
Emportant les herbes

Les troncs blanchissent
Languissants sur la plage

La mer rejoint le sable
Malgré les arbres témoins

Le sable recouvre la trace
Les pas quittent l’horizon
Le courant emporte
Le secret de ses œuvres

Le sable censure la mémoire
S’écoule le temps de tout savoir
Le courant escamote
La foi des vœux

Et le sable
Dans un grand désordre
Ranime la vague

Gris dément
Grondement
La mer avale la forêt

Le sable danse dans le vent
La mer écume d’aise

Le souffle s’éteint
Le souffle s’empreint

La mer de trop de souvenirs
Explose la rage sur les écluses
Use la souffrance contre les galets
Puis joue de son écume avec les coquilles

Le sable oublie qu’il fut coquillage
Au fond de son cœur vibrait l’océan
La mer
Blessée se retire

Et le sable
Espérant son retour
Dessine des arabesques sacrées

La mer
Rassérénée
Revient à ses pieds

Le sable
Noyé d’allégresse
Chante l’union farouche

Gabrielle Burel

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