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Paul Eluard - Tout dire
Tout dire Le tout est de tout dire, et je manque de mots Et je manque de temps, et je manque d'audace Je rêve et je dévide au hasard mes images J'ai mal vécu, et mal appris à parler clair. Tout dire les roches, la route et les pavés Les rues et leurs passants les champs et les bergers Le duvet du printemps la rouille de l'hiver Le froid et la chaleur composant un seul fruit Je veux montrer la foule et chaque homme en détail Avec ce qui l'anime et qui le désespère Et sous ses saisons d'homme tout ce qui l'éclaire Son espoir et son sang son histoire et sa peine Je veux montrer la foule immense divisée La foule cloisonnée comme un cimetière Et la foule plus forte que son ombre impure Ayant rompu ses murs ayant vaincu ses maîtres La famille des mains, la famille des feuilles Et l'animal errant sans personnalité Le fleuve et la rosée fécondants et fertiles La justice debout le pouvoir bien planté Paul Eluard
Ode à la vague - Pablo Neruda
Écrire... Colette
"Écrire! Pouvoir écrire! Cela signifie la longue rêverie devant la feuille blanche, le griffonnage inconscient, les jeux de la plume qui tourne en rond autour d'une tache d'encre, qui mordille le mot imparfait, le griffe, le hérisse de fléchettes, l'orne d'antennes, de pattes, jusqu'à ce qu'il perde sa figure lisible de mot, mué en insecte fantastique, envolée de papillon-fée..." Colette in La Vagabonde Extrait "Oh, je peux chercher partout, dans les coins, et sous le lit, il n’y a personne ici, personne que moi. Le grand miroir de ma chambre ne me renvoie plus l’image maquillée d’une bohémienne pour music-hall, il ne reflète… que moi. Me voilà donc, telle que je suis. Je n’échapperai pas, ce soir, à la rencontre du long miroir, au soliloque cent fois esquivé, accepté, fui, repris et rompu… Hélas, je sens d’avance la vanité de toute dispersion. Ce soir, je n’aurai pas sommeil, et le charme du livre, -oh ! le livre nouveau, le ...
Coquelicot - Guillevic
Coquelicot Coquelicot, Quand je pense Que je te parle Et que tu l'ignores, Que j'envie ta fierté,ton assurance, Ton absence d'hésitation, Ta certitude d'avoir gagné, De continuer à rayonner, J'ai de la peine à sentir Qu'on ne communique pas Avec ce que l'on aime,ou admire Et je me sens seul, Étranger à moi-même. Tu ne le sauras pas, Mais continue À m'éblouir. Guillevic ("Quotidiennes" - poèmes novembre 1994 - décembre 1996, Gallimard, 2002) http://theblogofgab.blogspot.fr/2015/02/eugene-guillevic-1907-1997.html
Poésie ininterrompue - Eluard
Sergueï ESSENINE 1895 - 1925
Marta Rivera-Garrido
Marguerite Yourcenar 1903-1987
Réponses - Qu'as-tu pour consoler la tombe, Cœur insolent, cœur révolté ? Le fruit mûr s'alourdit et tombe. Qu'as-tu pour consoler la tombe ? -J’ai le trésor d'avoir été. - Qu’as-tu pour supporter la vie, Cœur fou, cœur prompt à se lasser ? Cœur sans espoir, cœur sans envie, Qu'as-tu pour supporter la vie ? - Pitié de ce qui doit passer. - Qu'as-tu pour mépriser les hommes, Cœur dur, cœur facile à briser ? Qu'as-tu pour mépriser les hommes ? Qu'es-tu de plus que nous ne sommes ? -Capable de me mépriser. 1929 In Les Charités d’Alcippe © Gallimard p. 26

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