Ivan Bounine 1870 - 1953

Né le 22/10/1870
Prix Nobel de littérature 1933

Mon cœur pris par la tombe


"Je bois comme une eau glacée
La tourmente des cimes, la liberté,
L’éternité qui vole en ce lieu"

 Nuit et jour

Je lis un vieux livre pendant les longues nuits
Près du feu tremblant solitaire et silencieux :
" Tout passe - la souffrance, la joie et les chants
Seul Dieu est éternel. Il est dans le silence de la nuit céleste"

Au point du jour par la fenêtre je vois un ciel clair,
Le soleil se lève et les montagnes appellent vers l'azur :
" Laisse ton vieux livre sur la table jusqu'au soir.
De l'éternel Dieu les oiseaux chantent la joie !"

Les feux du ciel

Les feux du ciel, cette lumière argentée
Que nous appelons scintillement des étoiles
N'est parfois que la lumière encore vivante
De planètes éteintes depuis longtemps,
D'astres déjà oubliés et disparus.
.
La beauté qui tend le monde en avant
Est aussi la trace du passé. Sans retour
Nous achevons de brûler, faisant nous aussi
L'habituelle route, mais elle ne mourra pas si vite
La vie qui autrefois flamboyait en nous.
.
Et dans le monde beaucoup sont choisis, leur lumière
Encore invisible pour les aveugles
Mettra des années pour approcher la terre...
Dans la foule immense des sages et des créateurs
Qui les connait ? Peut-être seulement le poète.

( 1903-1904 )
- Extrait de Mon cœur pris par la tombe,
http://www.lireetmerveilles.org/pages/poetique/dimanche-poetique/les-feux-du-ciel-ivan-bounine.html

Ivan Bounine: Crépuscule et Automne

Crépuscule

Comme la fumée le gris sombre du gel s'est figé dans le crépuscule du soir. Comme un fantôme le bouleau qui devient gris se tient devant la fenêtre. Dans les coins, tout est devenu d'un noir mystérieux, le poêle luit à peine, et l'ombre d'on ne sait qui s'est étalée en hésitant par dessus tout. La tristesse raccompagne le jour. Et au milieu d'un tel silence maussade un fantôme du jour blafard, perdu dans quelque pensée profonde, me regarde à travers le crépuscule.

 

Automne

Comme en avril, dans les nuits, dans l'allée, toujours plus fine, la fumée des hautes branches au-dessus de lui, et toujours plus léger, plus proche et plus visible au-dessus de lui l'horizon qui pâlit. Cette hauteur, ces constellations d'étoiles, aériennes, en volutes de fumée, transparentes, ce bruissement des feuilles par terre, cette tristesse - tout est pareil, comme en avril.

http://brahms.ircam.fr/documents/document/6052/




Tout est sauvage et splendide...

"(...) on répète: le passé, le passé ! Bêtises que tout cela ! Les hommes n'ont pas, à proprement parler, de passé : rien qu'une sorte de vague écho de ce qui remplissait jadis leur vie ..."
in En Mer
" Comme elle bruissait lugubrement cette forêt invisible dans la nuit obscure, sous les pluies de novembre qui tombaient sans répit, quand nul appel n'eût éveillé âme qui vive, quand seul le vent courait les plaines, les routes désertes et les champs gras et noirs, tandis que les villages dormaient du sommeil de la mort !"  in La Forêt
"On voyait le ciel piqué de-ci de-là d'étoiles étincelantes, la neige qui scintillait comme du sel sous la lune et l'ombre ondoyante de la colonne de fumée qui s'échappait de la cuisine, et plus loin, au-delà des champs tout blancs, les ravins abrupts couverts de sapins noirs aux cimes féériquement argentées."
in Les Saints

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