Mes premiers poèmes ~ Gabrielle Burel

Mes premiers poèmes
Questionnaire in Paysages écrits n° 22
1- Vous souvenez-vous de votre premier poème publié?
Je ne me souviens plus de mon premier poème en ligne. J'ai toujours rêvé "papier". J'ai approché ce rêve par un tract pour j'attends donc je lis, avec mon poème Chaussures, né d'une rencontre aux souliers de luxe d'une netteté absolue. Cependant je n'oublierai jamais ma première apparition en revue papier.
2 - Seriez-vous prêt à le republier? (si oui, nous le prenons volontiers dans les pages de notre revue)
Oui, volontiers
3 - Pourriez-vous nous donner, si possible, quelques détails ou impressions sur son écriture et les circonstances de sa publication?
Forte de quelques dizaines de textes, je voulais m'exposer aux regards et cherchais sur le net le moyen d'y accéder. Je m'arrêtais bientôt le site de Comme en poésie qui présentait entre autres un numéro sur ma Bretagne. Les réflexions mises sur le blog me parlaient vraiment et je commençais par m'abonner à cette revue, pour mieux la connaître. Quand je pus enfin la lire, ce fut très clair: il fallait que j'y sois. J'envoyais aussitôt les poèmes qui me tenaient à cœur. Sur la mer, qui est ma grande source d'inspiration et de sérénité. Le directeur de la revue me répondit rapidement (ce qui tient déjà du miracle) que je serai dans son prochain numéro. Sentiment énorme, indescriptible, de voir ensuite mon nom sur une belle page où étaient imprimés trois de mes poèmes, que je ne lisais pas de peur de les trouver ridicules. J'étais aux anges, tandis que ma fille ironisait: "Allô Houston nous avons un problème". Puis Jean-Pierre Lesieur m'expliqua que, si un des rôles d'une revue est de lancer le poète, même s'il n'est pas très bon, ensuite seul le travail permet de durer. Je suis ainsi revenue sur terre et depuis, j'écris avec rigueur et bonheur pour mériter cette Poésie si captivante.
Éventuellement, le site j’attends donc je lis : http://jattendsdoncjelis.unblog.fr/les-laureats/
Ah oui, ces poèmes du questionnaire :

- Goémon

Se balance dans la vague
Le varech brun
Se souvient
Du jour des pauvres
Qui pour gagner leur pain
Se ruaient par milliers
Sur les champs découverts
Entassaient l'or noir
S'aventuraient loin des côtes
Et ramenaient avec la marée
Leur lourde moisson
Noir radeau lié
Qui parfois coulait
Emportant les gens
Fin du rêve d'opulence
Les chants s'étranglent
Dans les cris d'épouvante
Sous l’œil du recteur
La providence
A prélevé son tribut
Se balance dans la vague
Le varech assassin

- Marée

Descendre vers la mer
Tandis que remonte le temps
Avancer dans la vague
Se laisser porter
Aller un peu plus loin
Tandis que recule le temps
Traverser l'Océan
Comme on traverse la rue
Et nous rencontrer
Le temps s'est arrêté
La mer est étale
Demain peut-être

- Coup de vent

Écume en folie
Gigue de la vague
Rochers acérés
Éclatement du temps
Zébrures blanches
Fracas de tonnerre
Sautes de vent
Grain au large
Peur exorbitée
Cléments déchaînés
Du ciel à la mer
Se déchire la vie
© Gabrielle Burel  in Comme en poésie 57

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