Giuseppe Ungaretti 1888 - 1970

Variations sur le rien
Ce rien de sable qui s’écoule
Du sablier en silence et se pose,
Et, fugaces, les traces en l’incarnat,
En l’incarnat s’éteignant d’un nuage…

Puis si la main renverse la clepsydre,
Le mouvement recommencé du sable,
L’argentement tacite du nuage
Aux premières lividités de l’aube…

La main a retourné le sablier dans l’ombre
Et de sable, silencieusement, le rien
Qui s’écoule est la seule chose qu’on entende
Et, entendue, qui ne sombre dans le noir.
Ibid., p.253, traduction Philippe Jaccottet, in La terre promise (1935-1953)



http://pierresel.typepad.fr/la-pierre-et-le-sel/2012/11/giuseppe-ungaretti-entre-t%C3%A9n%C3%A8bres-et-lumi%C3%A8re.html
http://poezibao.typepad.com/poezibao/2009/01/giuseppe-ungaretti.html

VOYAGE


                je ne peux m’établir

                à chaque nouveau climat je me retrouve une âme d’antan

                en étranger je m’en détache

                revenu en naissant d’époques trop vécues

                jouir une seule minute de vie initiale

                je cherche un pays innocent

http://antonio.silvestrone.over-blog.com/article-giuseppe-ungaretti-trois-poemes-88595598.html 


Où la lumière

Comme alouette ondoyante
Au vent gai sur les prés jeunes,
Viens, mes bras te savent légère.

Nous oublierons ici-bas
Et le mal et le ciel,
Mon sang trop rapide à la guerre,
Les pas d’ombres qui se souviennent
En des rougeurs d’aubes nouvelles.

Où la lumière n’émeut plus de feuilles,
Soucis et songes débardés sur d’autres rives,
Où le soir s’est posé,
Viens, je te porterai
Aux collines dorées.

L’heure stable, délivrés de l’âge,
Dans son halo perdu,
Sera notre lit.

1930

In Sentiment du temps, traduction Philippe Jaccottet, tiré de Vie d’un homme, Poésie 1914-1970, © Poésie/Gallimard, 2005)


http://fr.wikipedia.org/wiki/Giuseppe_Ungaretti

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