Bernard Noël







"Ainsi, j’ouvre des livres comme une certaine fureur ouvrait la bouche de l’oracle - et tes mots disent ce que je cherchais, eux qui ne l’avaient jamais dit avant que je le cherche ."

La chute des temps

http://www.artpointfrance.org/Diffusion/noel.htm



http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/noel/noelbernard.html
« S'intérioriser à l'extérieur sans le savoir. »

Choix de textes


Grand arbre blanc


à l'Orient vieilli
la ruche est morte
le ciel n'est plus que cire sèche

sous la paille noircie
l'or s'est couvert de mousse

les dieux mourants
ont mangé leur regard
puis la clef

il a fait froid

il a fait froid
et sur le temps droit comme un j
un œil rond a gelé

grand arbre
nous n'avons plus de branches
ni de Levant ni de Couchant
le sommeil s'est tué à l'Ouest
avec l'idée de jour grand arbre
nous voici verticaux sous l'étoile


et la beauté nous a blanchis

mais si creuse est la nuit
que l'on voudrait grandir
grandir
jusqu'à remplir ce regard

sans paupière grand arbre
l'espace est rond
et nous sommes
Nord-Sud
l'éventail replié des saisons
le cri sans bouche
la pile de vertèbres grand arbre
le temps n'a plus de feuilles
la mort a mis un baiser blanc
sur chaque souvenir
mais notre chair
est aussi pierre qui pousse
et sève de la roue

grand arbre
l'ombre a séché au pied du sel
l'écorce n'a plus d'âge
et notre cour est nu
grand arbre


l'œil est sur notre front
nous avons mangé la mousse
et jeté l'or pourtant
le chant des signes
ranime au fond de l'air


d'atroces armes blanches qui tue
qui parle le sang
le sang n'est que sens de l'absence
et il fait froid grand arbre
il fait froid
et c'est la vanité du vent


morte l'abeille
sa pensée nous fait ruche
les mots
les mots déjà
butinent dans la gorge

grand arbre
blanc debout
nos feuilles sont dedans
et la mort nous lèche
est la seule bouche du savoir

 *
...

dans le ciel buée blanche au levant buée
rose au couchant Vénus marque le plus haut
la bouche d'ombre a mangé saint jean et moi
chassé par le noir de la chapelle grecque
je suis seul sur la passerelle de planches
j'attends la fin et l'autre commencement
le Blanc est gris un fantôme ourlé d'écume
grand silence partout puis un grillon gratte
sa crécelle pas de pensée la présence
du présent tout à coup un roulis d'averse
dans la proche montagne un torrent d'air
qui n'est plus qu'un souffle en arrivant ici
trois étoiles pointent je leur prête des noms
elles sont en fait le timon du chariot
une lueur grandit derrière l'église
mon visage attend son flot avec ferveur
ô qu'il baigne dans mes yeux la vie passante
et que cette lune soit la renversante
qui fera venir le corps au bout du nom
mille étoiles à présent et le bleu noircit
on dirait que le plus profond fait surface
et met sur elle ce qu'il gardait dessous
la lune est cachée derrière une coupole
la corniche en fait rejaillir la lumière
comme fait une pierre sous un jet d'eau
l'aplat des planches est un velours de chaleur
je m'allonge dessus la nuque posée
sur un morceau de marbre et vient le sommeil

quand la pleine lune perce mes paupières
elle est au milieu du ciel et c'est un point
une roue d'or un œil au sommet du Blanc
mais qui lune ou roc fait jaillir l'aura blanche

Le Reste du voyage, © P. 0. L.

http://poezibao.typepad.com/poezibao/2011/06/anthologie-permanente-bernard-no%C3%ABl.html

http://terreaciel.free.fr/poetes/poetesbnoel.htm
toi qui es dans mon tu
mon présent est une pierre
tu la jettes dans mes yeux

la page de verre monte
le visage éclate dedans

je tète le blanc
le linge du regard volé

le lit du temps coule
au milieu de la bouche


dans L’ombre du double, éditions P.O.L, page 30

http://www.confluences.org/Bernard-Noel 

http://remue.net/spip.php?rubrique114 
 
http://pretexte.perso.neuf.fr/ExSiteInternetPr%C3%A9texte/revue/entretiens/entretiens_fr/entretiens/bernard-noel.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_No%C3%ABl

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