Henri Thomas 1912 - 1993

"Et c'est toujours même message :
Plus tu comprends, moins tu existes"
H. Thomas in Trézeaux

"On ne tombe pas dans la solitude, parfois on y monte"

http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/thomas/thomas.html




"La nuit venue

La corde vibre avant la fin du jour,
Une poussière environne les pierres,
La corde tremble et la poussière avance
Entre les os dans des espaces vides,
Ainsi l'eau noire envahit les carrières,
Je ne suis plus avec l'herbe et le vent,
J'ai dévié de la courbe infinie
Qui joint les nuits, les jours et les saisons,
Reste ce fil qui vibre sourdement,
Cette poussière émanant des maisons,
Un homme assis sous l'horloge des gares
La voit flotter entre le monde et lui,
La corde vibre au passage des bruits
Comme un insecte abrité dans la cendre,
Dernière voix qui parle sans espoir
Quand s'est vidé l'échafaudage noir,
Guitare d'os sous la main d'un fantôme
Qui se confond à la poussière obscure,
Au lieu du corps vient un fuseau d'étoiles,
Il reconstruit une autre créature."

Henri Thomas
Nul désordre
Poésies (éditions Gallimard)




Ce que je vois

Le lilas fleurit sous la lune
Et ce que je vois je le dis :
La fille nue à gorge brune
Dans le lilas m'ouvre son lit

Le lit du torrent m'est ouvert
Et la fille aux genoux polis
Chaque nuit roule vers la mer,
Une vague étouffe ses cris.

C'est là le drame de mes jours,
La nuit revient sans le résoudre,
À la renverse fuit l'amour
Jusqu'à la mer pour se dissoudre

Si je l'attrape je m'éveille,
Si je m'éveille elle est perdue
Ainsi de suite. Est-ce merveille
Si j'ai l'air de tomber des nues ?

Nul désordre
Poésies (éditions Gallimard)

http://diereseetlesdeux-siciles.hautetfort.com/apps/search/?s=Henri+Thomas 
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