http://theblogofgab.blogspot.fr/2016/02/fabrication-de-la-revue-comme-en-poesie.html Fabrication de la revue par Jean-Pierre Lesieur Mise à jour le 18/02/2016 : 2000/2015 LISTE DE TOUS LES POETES MIS DANS COMME - Comme en Poésie (2000- [en cours] ) « Revue trimestrielle de poésie » Hossegor (2149 avenue du Tour-du-Lac, 40150). In-8 (210x145). Association Comme en Poésie. Dir. : Jean-Pierre Lesieur Du n° 1 (1er trim. 2000 [décembre 1999]) Part. : [en cours] Bibl. : [ISSN : 1620-1213. Cf. les autres revues dirigées par Jean-Pierre Lesieur (1935-. . . .) : - Le Puits de l’Ermite (1965-1979) - Le Pilon (1976-1982) Diverses rubriques : Appel au poètes / Cartes légendées / La Cité critique / Comme dans les livres / Comme dans les recueils / Comme dans les revues / Comme en anecdotique / Comme en commission / Comme en correspondance / Attention école / Comme en fabulie / Comme en génétique / Comme en grammaire / Comme en proverbie / Comme en question / Comme ...
Faut que je te dise Ma fille a une maladie orpheline Un truc qui va la laisser Paralysée Au mieux Alors je meurs à petit feu Parce que Toucher sa gosse C'est affreux C'est impossible Juste impossible Gabrielle BUREL 20 09 19
Fermez-lui l’huis au visage Mon cœur, à Mélancolie Gardez qu’elle n’entre mie Pour gâter notre ménage Comme le chien plein de rage Chassez-la, je vous en prie Fermez-lui l’huis au visage Mon cœur, à Mélancolie C’est trop plus notre avantage D’être sans sa compagnie Car toujours nous tance, et crie, Et nous porte grand dommage. Fermez-lui l’huis au visage. CHARLES D'ORLEANS (1394~1465) (Via Peigneurs des Comètes)
Francis PONGE - CONCEPTION DE L'AMOUR EN 1928 Je doute que le véritable amour comporte du désir, de la ferveur, de la passion. Je ne doute pas qu'il ne puisse : NAÎTRE que d'une disposition à approuver quoi que ce soit, puis d'un abandon amical au hasard; ou aux usages du monde, pour vous conduire à telles ou telles rencontres ; VIVRE que d'une application extrême dans chacune de ces rencontres à ne pas gêner l'objet de vos regards et à laisser vivre comme s'il ne vous avait jamais rencontré ; SE SATISFAIRE que d'une approbation aussi secrète qu'absolue, d'une adaptation si totale et si détaillée que vos paroles à jamais traitent tout le monde comme le traite cet objet par la place qu'il occupe, ses ressemblances, ses différences, toutes ses qualités ; MOURIR enfin que par l'effet prolongé de cet effacement, de cette disparition complète à ses yeux - et par l'effet aussi de l'abando...
Et ce sang qui devait un jour sur le Calvaire … Même les mécréants ne peuvent qu'être bouleversés par la grâce des vers du grand Charles Péguy « Les solives du toit faisaient comme un arceau. Les rayons du soleil baignaient la tête blonde. Tout était pur alors et le maître du monde Était un jeune enfant dans un pauvre berceau. Chaque poutre du toit était comme un vousseau. Les ombres de la nuit baignaient la tête ronde. Tout était juste alors et le maître du monde Était un jeune enfant sous un maigre cerceau. Et ce sang qui devait un jour sur le calvaire Tomber comme une ardente et tragique rosée N’était dans cette heureuse et paisible misère Qu’un filet transparent sous la lèvre rosée. Et ce sang qui devait un jour sur le calvaire Tomber comme une tiède et féconde rosée N’était dans cette auberge et dans cette chaumi...
Pierre REVERDY Toi ou moi Endormi dans cette chambre Il n’ose se réveiller La peur ferme son rêve noir Et ses membres Ne peuvent plus le soutenir Je t’abandonne il faut partir Si l’on n’aime bien que soi-même Je te laisse parce que je t’aime Et qu’il faut encore marcher Un jour nous nous retrouverons peut-être Où se croisent les souvenirs Où repassent les histoires d’autrefois Alors tu reviendras vers moi Nous pourrons rire Un espoir à peine indiqué Sous le vent une plainte amère La voix qui pourrait me guider A mon approche va se taire Dans la rue bordée de chansons Qui jaillissaient par les fenêtres Au coin des dernières maisons Nous nous regardions disparaître In Sources du vent. Gallimard, 1971. (Poésie).
Charles Bukowski – Les plus forts des étranges
vous ne les verrez pas souvent
car où est la foule
ils
ne sont pas.
ces gens bizarres, pas
nombreux
mais d’eux
proviennent
les rares
bons tableaux
les rares bonnes symphonies
les rares
bons livres
et autres
œuvres.
et des
meilleurs des
étranges
peut-être
rien.
ils sont
leurs propres
tableaux
leurs propres
livres
leur propre
musique
leur propre œuvre.
parfois je crois
les voir – disons
un certain vieil
homme
assis sur un
certain banc
d’une certaine
façon
ou un visage entrevu
croisé
dans une
automobile
qui passe
ou
un certain geste
des mains
d’un garçon o...
Déconfiture Je ne crois pas que ce monde va changer On pointe toujours du doigt ceux qui sortent du cadre On crie au scandale à la moindre incartade Sans aucun sens de l'humour La peur partout s'insinue s'infiltre S'expose explose Ah ! la bonne conscience collective Si vous continuez (de sortir) nous serons tous cloîtrés Plus longtemps C'est si long d'être chez soi Avec soi Avec les siens Ceux qu'on a choisi pour la vie Cette vie qui s'arrête sur le vide Cette vie si précieuse qu'on y meurt Seul isolé désespéré De respirer sans exister Dommage collatéral D'une société qui ne sait plus Accompagner la mort Qui s'est crue invincible Parce que vaccinée Gabrielle
La musique La musique souvent me prend comme une mer ! Vers ma pâle étoile, Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther, Je mets à la voile ; La poitrine en avant et les poumons gonflés Comme de la toile, J’escalade le dos des flots amoncelés Que la nuit me voile ; Je sens vibrer en moi toutes les passions D’un vaisseau qui souffre ; Le bon vent, la tempête et ses convulsions Sur l’immense gouffre Me bercent. D’autres fois, calme plat, grand miroir De mon désespoir ! Charles Baudelaire, Les fleurs du mal
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