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Armel GUERNE 1911~1980

Mentir la vie Il neige de la mort sur les routes du monde Il pleut sur l'eau des océans comme une pâte Et le vent de la nuit sans le levain du deuil Passe à travers avec indifférence Et n'aérant nulle tristesse de son poids. Les malheureux, déchirés du commencement Qu'ils n'ont jamais connu, n'ont pas de fin non plus ! Armel GUERNE Le poids vivant de la parole, (c) Solaire

Réflexion... Hermann Hesse

Je sens brûler en moi un désir sauvage d'éprouver des sentiments intenses, des sensations ; une rage contre cette existence en demi-teinte, plate, uniforme et stérile ; une envie furieuse de détruire quelque chose, un grand magasin, par exemple, une cathédrale, ou moi-même ; une envie de commettre des actes absurdes et téméraires, d'arracher leur perruque à quelques idoles vénérées, de munir deux ou trois écoliers rebelles du billet tellement désiré qui leur permettrait de partir pour Hambourg, de séduire une petite jeune fille ou de tordre le cou à quelques représentants de l'ordre bourgeois. Car rien ne m'inspire un sentiment plus vif de haine, d'horreur et d'exécration que ce contentement, cette bonne santé, ce bien-être, cet optimisme irréprochable du bourgeois, cette volonté de faire prospérer généreusement le médiocre, le normal, le passable ...

La cloche fêlée Baudelaire

LA CLOCHE FÊLÉE II est amer et doux, pendant les nuits d'hiver, D'écouter, près du feu qui palpite et qui fume, Les souvenirs lointains lentement s'élever Au bruit des carillons qui chantent dans la brume. Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux Qui, malgré sa vieillesse, alerte et bien portante, Jette fidèlement son cri religieux, Ainsi qu'un vieux soldat qui veille sous la tente ! Moi, mon âme est fêlée, et lorsqu'en ses ennuis Elle veut de ses chants peupler l'air froid des nuits, II arrive souvent que sa voix affaiblie Semble le râle épais d'un blessé qu'on oublie Au bord d'un lac de sang, sous un grand tas de morts Et qui meurt, sans bouger, dans d'immenses efforts. Charles Baudelaire - Les Fleurs du mal

Méditations ~ Gabrielle Burel

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Sur La Cause Littéraire http://www.lacauselitteraire.fr/meditations-par-gabrielle-burel

Attention ... Arbres

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Attention aux chutes ...

Brèves de transports II

Extases Taillé dans une allumette et aussi indéboulonnable qu'un menhir, il protège son espace vital dans le bus bondé. Quand il descend, trois personnes prennent sa place "Pardon ! Pardon !" Une petite voix essaie de se frayer un chemin au travers des passagers agglutinés dans le couloir, mais les portes se referment comme elle y arrive. Elle fera une station de plus, reviendra à pied, son retard sera noté. Le bus, n'étant plus au service des usagers, ne vomit pas toujours sa proie dans les délais. Elle s'est calée d'une épaule contre la barre verticale pour continuer à partager des SMS. A chaque chaos ou coup de frein, elle s'appuie à un bras qui tient la barre dans son dos, puis manque de chuter quand le bras se dérobe. Elle se retourne, étonnée d’avoir perdu ce soutien inconscient. Tandis qu’une dame lit, trois passagers l’entourent et parlent à la cantonade dans leur téléphone. Un étonnant pouvoir d'abstraction des lieux permet de ...

L'adieu Apollinaire

L’ADIEU J’ai cueilli ce brin de bruyère L’automne est morte souviens-t’en Nous ne nous verrons plus sur terre Odeur du temps brin de bruyère Et souviens-toi que je t’attends Guillaume Apollinaire

Attention ... Dodo

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Voyage Ana Blandiana

 Voyage Je voyage en moi-même Comme dans une ville étrangère Où je ne connais personne. Le soir j’ai peur dans la rue Et les après-midi de pluie J’ai froid et m’ennuie. Pas une envie de voyager, Quand même la traversée du chemin Est toute une aventure, Pas un souvenir d’autres vies Face à la question « Pourquoi ai-je été amenée ici ? »  Ana Blandiana

La musique Baudelaire

La musique La musique souvent me prend comme une mer ! Vers ma pâle étoile, Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther, Je mets à la voile ; La poitrine en avant et les poumons gonflés Comme de la toile, J’escalade le dos des flots amoncelés Que la nuit me voile ; Je sens vibrer en moi toutes les passions D’un vaisseau qui souffre ; Le bon vent, la tempête et ses convulsions Sur l’immense gouffre Me bercent. D’autres fois, calme plat, grand miroir De mon désespoir ! Charles Baudelaire,  Les fleurs du mal

Tristesse en mer Théophile Gautier

Oh ! je me sens l'âme navrée ; L'Océan gonfle, en soupirant, Sa poitrine désespérée, Comme un ami qui me comprend.

À marquer d'une pierre blanche

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Adulte

Lêdo Ivo 1924 - 2012

Le cœur de la liberté J'étais, je suis et je serai dans le cœur de la réalité, près de la femme qui dort, avec l'homme qui meurt, à côté de l'enfant qui pleure.

Attention ... Préjugés

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:) "La raison, le jugement, viennent lentement, les préjugés accourent en foule." Œuvres complètes / Jean-Jacques Rousseau

Louis CHADOURNE 1890~1925

LOUIS CHADOURNE (1890~1925) Demerara Demerara ! Demerara ! un ciel d’orage               Bistre et goudron, Des nuages livides, alignés, bien sages Pareils à des ballots de coton.   Quelques palmiers agriffent l’émail Des toits de zinc chauffés à blanc. On toucherait le ciel avec sa main. Un soleil mou crève dans son pansement.   Une ligne noire partage le monde Vert pâle et jaune et sans une ombre. Des docks accroupis lèchent un flot gras Irisé d’arcs-en-ciel d’essences. C’est là que viennent s’étirer les pirogues Des silencieux qui cherchent les placers.