Vladimir Maïakovski 1893 - 1930


La barque de l'amour s'est brisée contre la vie courante. Comme on dit, l'incident est clos. (Maïakovski).



http://theblogofgab.blogspot.fr/2014/10/vladimir-maiakovski-1893-1930.html

Mais peut-être
Ne reste-t-il
Au temps caméléon
Plus de couleurs ?
Encore un sursaut
Et il retombera,
Sans souffle et rigide.
Peut - être,
Enivrée de fumées et de combats,
La terre ne relèvera-t-elle jamais la tête ?
Peut être,
Un jour ou l'autre,
Le marais des pensées se fera cristal
Un jour ou l'autre,
La terre verra le pourpre qui jaillit des corps,
Au-dessus des cheveux cabrés d'épouvante
Elle tordra ses bras, gémissante

Peut-être...

Écoutez !
Puisqu'on allume les étoiles,
c'est qu'elles sont à
quelqu'un nécessaires ?
C'est que quelqu'un désire
qu'elles soient ?
C'est que quelqu'un dit perles
ces crachats ?
Et, forçant la bourrasque à midi des poussières,
il fonce jusqu'à Dieu,
craint d'arriver trop tard, pleure,
baise sa main noueuse, implore
il lui faut une étoile !
jure qu'il ne peut supporter
son martyre sans étoiles.

Ensuite,
il promène son angoisse,
il fait semblant d'être calme.
Il dit à quelqu'un :
" Maintenant, tu vas mieux,
n'est-ce pas ? T'as plus peur ? Dis ? "

Écoutez !
Puisqu'on allume les étoiles,
c'est qu'elles sont à quelqu'un nécessaires ?
c'est qu'il est indispensable,
que tous les soirs
au-dessus des toits
se mette à luire seule au moins
une étoile?

traduction Simone Pirez et Francis Combes

http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/maiakovski.html

https://blogs.mediapart.fr/communistes-unitaires/blog/170513/maiakovski-la-revolution-de-l-amour

http://clubrusse.campus.ecp.fr/sessions/maiakov.pdf


Votre pensée,
qui rêvasse sur votre cervelle ramollie,
tel un laquais obèse sur sa banquette graisseuse,
je m’en vais l’agacer
d’une loque de mon coeur sanguinolent
et me repaître à vous persifler, insolent et caustique.

Mon âme n’a pas pris un seul cheveu blanc,
et il n’y a en elle aucune tendresse sénile!
Enfracassant le monde par le bourdon de ma voix,
je m’avance, beau gosse, mes vingt-deux ans en prime.

Tendres!
Vous couchez l’amour sur les violons.
Les brutaux le flanquent sur des cymbales.
Mais sauriez-vous comme moi vous retourner comme un gant
pour que vous ne soyez plus que des lèvres intégrales?

Venez prendre des leçons
– salonnière de satin,
fonctionnaire formatée de la ligue angélique,
et celle qui feuillette des lèvres sans émoi aucun,
comme si c’étaient les pages d’un livre de cuisine!

Voulez-vous
que je sois un enragé de la viande,
ou bien, changeant de ton comme les couleurs du ciel –
voulez-vous
que je sois impeccablement tendre,
un nuage en pantalon au lieu d’un homme charnel?

Ce n’est pas vrai qu’il y ait une Nice florale!
Voilà que je me remets à chanter vos louanges
– vous, hommes, défraîchis comme un hôpital,
et vous, femmes, rebattues comme un proverbe.
***
Extrait du poème « Le nuage en pantalon » (1915)
https://schabrieres.wordpress.com/2009/06/05/vladimir-maiakovski-le-nuage-en-pantalon-1915/

http://europeunitairedemocratesocialiste.over-blog.com/article-poeme-textile-le-nuage-en-pantalon-vladi-64576905.html


D’un coup j’ai barbouillé la carte du quotidien
en faisant gicler la couleur hors du verre;
j’ai exposé sur un plat de gélatine
les pommettes torves de l’océan.
Sur les écailles de fer-blanc d’un poisson
j’ai lu l’appel de lèvres nouvelles.
Et vous,
vous le pourriez,
jouer un nocturne
sur la flûte de la gouttière ?
http://www.lespoetes.net/phpoeme.php?id=2170

http://www.lespoetes.net/poete-93-Vladimir-MAIAKOVSKI.html
Au sommet de ma voix - Si on allume les étoiles

http://www.parismatch.com/Culture/Livres/Maiakovski-l-homme-poeme-145651

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vladimir_Ma%C3%AFakovski

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