Maurice Carême - La Peine

La PEINE
On vendit le chien, et la chaîne,
Et la vache, et le vieux buffet,
Mais on ne vendit pas la peine
Des paysans que l’on chassait.
Elle resta là, accroupie
Au seuil de la maison déserte,
A regarder voler les pies
Au-dessus de l’étable ouverte.
Puis, prenant peu à peu conscience
De sa forme et de son pouvoir,
Elle tira d’un vieux miroir
Qui avait connu leur présence,
Le reflet des meubles anciens,
Et du balancier, et du feu,
Et de la nappe à carreaux bleus
Où riait encore un gros pain.
Et depuis, on la voit parfois,
Quand la lune est dolente et lasse,
Chercher à mettre des embrasses
Aux petits rideaux d’autrefois. 
in PETITES LEGENDES

Vu les sept derniers jours

Boileau - L'art poétique

Gérard Le Gouic - De quoi sera faite la nuit

Réflexion... Mandelstam

Anna Akhmatova - Les poèmes

ALICIA SUSKIN OSTRIKER - Les Vieillards

Unica Zürn - L'esprit hors de la bouteille

Abstraction ~ Gabrielle Burel

ALEJANDRA PIZARNIK - Arts invisibles

Pessoa - Initiation