Maurice Carême - La Peine

La PEINE
On vendit le chien, et la chaîne,
Et la vache, et le vieux buffet,
Mais on ne vendit pas la peine
Des paysans que l’on chassait.
Elle resta là, accroupie
Au seuil de la maison déserte,
A regarder voler les pies
Au-dessus de l’étable ouverte.
Puis, prenant peu à peu conscience
De sa forme et de son pouvoir,
Elle tira d’un vieux miroir
Qui avait connu leur présence,
Le reflet des meubles anciens,
Et du balancier, et du feu,
Et de la nappe à carreaux bleus
Où riait encore un gros pain.
Et depuis, on la voit parfois,
Quand la lune est dolente et lasse,
Chercher à mettre des embrasses
Aux petits rideaux d’autrefois. 
in PETITES LEGENDES

Vu les sept derniers jours

Réflexion... Michel Billé

Réflexion... Hannah Arendt

René Char- Commune présence

Poésie ininterrompue - Eluard

Yves Bonnefoy Le PONT DE FER

Réflexion... Poésie René Crevel

Supervielle C'est vous quand vous êtes partie

Pierre REVERDY Toi ou moi

ALEJANDRA PIZARNIK. Mots