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Jean Racine 1639 - 1699

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André Breton 1896 - 1966

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Vivre en poésie - Guillevic

« Guillevic Vivre en poésie ou l'épopée du réel » Le Temps des Cerises, éditeurs, 2007 « Vivre en poésie ? Alors que j’étais adolescent, je me promenais dans une grande forêt, en Alsace, à Ferrette, en compagnie d’un ami de mon âge – quinze ans, peut-être. Du haut d’une falaise jurassienne, nous regardions la plaine. Il y avait devant nous ce qui se photographie. Il y avait autre chose aussi. Quoi ? Un tremblement, un appel au dépassement de ce que la photographie aurait retenu. L’un de nous deux a dit : l’éternité. C’était vague, et nous avons voulu préciser. Qu’est-ce qui pourrait nous donner la sensation intellectuelle et physique de l’éternité ? Qu’est-ce qui pourrait situer concrètement ce paysage dans un prolongement – concret, lui aussi – qui serait l’immensité de l’espace et surtout celle du temps ? Ce que nous avons trouvé de mieux a été d’imaginer qu’une fois par siècle, un oiseau viendrait prendre dans son bec quelque chose de cette plaine – mieux, il viendrait enle...

Chantal Akerman, cinéaste 1950 - 2015

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  Chantal Akerman est une réalisatrice et scénariste belge , également actrice , productrice , directrice de la photographie et monteuse , née le 6 juin 1950 à Bruxelles et morte suicidée 2 le 5 octobre 2015 (à 65 ans) à Paris http://tenoua.org/chantal-akerman/ Chantal Akerman s’est donné la mort, lundi 5 octobre au soir. Autrice d’une œuvre incandescente, pionnière, nomade, travaillée en profondeur par des questionnements intimes et historiques, et des interrogations formelles fondatrices de la modernité cinématographique, la cinéaste belge avait 65 ans. Le coup d’envoi de sa carrière, entamée à 17 ans avec le court-métrage Saute ma ville (1968), est un coup de feu : un brûlot burlesque et rageur tourné en 16 mm dans lequel elle se met en scène elle-même, semant méthodiquement le chaos dans sa cuisine pour finalement se faire exploser, la tête posée sur la gazinière allumée. Filmographie éclectique Fortement influencée à ses ...

L'oubli - Victor Hugo

Un soir que je regardais le ciel Elle me dit, un soir, en souriant : - Ami, pourquoi contemplez-vous sans cesse Le jour qui fuit, ou l'ombre qui s'abaisse, Ou l'astre d'or qui monte à l'orient ? Que font vos yeux là-haut ? je les réclame. Quittez le ciel; regardez dans mon âme !

Brodeuse ~ Gabrielle BUREL

Brodeuse  Elle brodait l'écume D'un liseré de sel Au plaisir Des sternes Enchevêtrées Dans le sillage Du chalut  Gabrielle BUREL 04/10/15 Sur Lichen n° 4 Mai 2016

3 octobre 1886 - Alain FOURNIER

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Le 3 octobre 1886 naissait Alain FOURNIER  Mort pour la France en 1914 Unique roman publié en 1913

Poésie en forme de rose - Pier Paolo Pasolini

Poésie en forme de rose : « Il suffit de détacher un pétale et tu t’en rends compte. Rouge où il fallait du blanc, ou blanc où il fallait du jaune ou comme vous voudrez : et cela pendant une vie entière, qui par fatalité n’autorise qu’UNE SEULE VOIE, UNE SEULE FORME. Comme un fleuve qui – dans sa façon merveilleuse stupéfiante d’être ce fleuve – contient la fatalité à n’être aucun autre fleuve. On dit que dans la vie on manque bien des occasions : mais la Vie n’offre qu’une SEULE OCCASION. Je l’ai totalement manquée. » Pier Paolo Pasolini

Vent ~ Gabrielle BUREL

Vent    Dans le vent Échevelé Les mouettes Hirsutes Chevauchent La vague Qui siffle sa rage Au zinc Du littoral  Gabrielle Burel  22/7/15   https://revueaccentlibre.wordpress.com/2015/10/02/vent-gabrielle-burel/ https://gab316.wordpress.com/

D'un rendez-vous manqué avec un jeune poète - Le Gouic

"La poésie est solitude Tu seras solitaire ... Tu seras poète pour transmettre la poésie, non l'idée que tu t'en es bâtie Ne cherche pas à découvrir ce qu'est la poésie, elle s'évanouirait comme un fantôme qui ne supporte pas les regards en face Tout a été dit. De toutes les manières. Il manque encore la tienne. ... Si tu ne crains l'affrontement avec vingt ou trente ans d'anonymat, à la croisée des routes tu peux t'engager, le coeur léger, sur celle de la poésie Tu ne seras jamais Rimbaud. Et alors? ... Si tu te découvres un jour pauvre et poète sans voix, je partage ton désespoir ... Choisis-toi un bon maître, mais son enseignement ne germera pas si tu n'es pas déjà ton propre maître ... Ne te prive pas d'écrire beaucoup, ne brise pas les périodes créatrices (...) mais n'offre que les poèmes que tu as composés quand l'air semblait sur le point de te manquer La poésie te mènera à tout, à condition de ne pas la quitter Tu écri...

Un philosophe par Alphonse Allais

UN PHILOSOPHE Je m’étais pris d’une profonde sympathie pour ce grand flemmard de gabelou qui me semblait l’image même de la douane, non pas de la douane tracassière des frontières terriennes, mais de la bonne douane flâneuse et contemplative des falaises et des grèves. Son nom était Pascal ; or, il aurait dû s’appeler Baptiste, tant il apportait de douce quiétude à accomplir tous les actes de sa vie. Et c’était plaisir de le voir, les mains derrière le dos, traîner lentement ses trois heures de faction sur les quais, de préférence ceux où ne s’amarraient que des barques hors d’usage et des yachts désarmés. Aussitôt son service terminé, vite Pascal abandonnait son pantalon bleu et sa tunique verte pour enfiler une cotte de toile et une longue blouse à laquelle des coups de soleil sans nombre et des averses diluviennes (peut-être même antédiluviennes) avaient donné ce ton spécial qu’on ne trouve que sur le dos des pêcheurs à la ligne. Car Pascal pêchait à la ligne...

Réflexion ... Marguerite Duras

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"Écrire. Je ne peux pas. Personne ne peut. Il faut le dire, on ne peut pas. Et on écrit. C’est l’inconnu qu’on porte en soi écrire, c’est ça qui est atteint. C’est ça ou rien. On peut parler d’une maladie de l’écrit. Ce n’est pas simple ce que j’essaie de dire là, mais je crois qu’on peut s’y retrouver, camarades de tous les pays. Il y a une folie d’écrire qui est en soi-même, une folie d’écrire furieuse mais ce n’est pas pour cela qu’on est dans la folie. Au contraire. L’écriture c’est l’inconnu. Avant d’écrire, on ne sait rien de ce qu’on va écrire. Et en toute lucidité. C’est l’inconnu de soi, de sa tête, de son corps. Ce n’est même pas une réflexion, écrire, c’est une sorte de faculté qu’on a à côté de sa personne, parallèlement à elle-même, d’une autre personne qui apparaît et qui avance, invisible,douée de pensée, de colère, et qui quelquefois, de son propre fait, est en danger d’en perdre la vie. Si on savait quelque chose de ce qu’on va écrire, avant de ...

Coquelicot - Guillevic

Coquelicot Coquelicot, Quand je pense Que je te parle Et que tu l'ignores, Que j'envie ta fierté,ton assurance, Ton absence d'hésitation, Ta certitude d'avoir gagné, De continuer à rayonner, J'ai de la peine à sentir Qu'on ne communique pas Avec ce que l'on aime,ou admire Et je me sens seul, Étranger à moi-même. Tu ne le sauras pas, Mais continue À m'éblouir. Guillevic ("Quotidiennes" - poèmes novembre 1994 - décembre 1996, Gallimard, 2002)   http://theblogofgab.blogspot.fr/2015/02/eugene-guillevic-1907-1997.html

Je suis personne - Emily Dickinson

"Je suis personne! Qui êtes-vous? Etes-vous —personne —aussi? Alors nous faisons la paire! Silence! on nous chasserait —vous savez! Que c'est pénible —d'être— quelqu'un! Que c'est commun —comme une grenouille De dire son nom —tout au long de juin— Au marais qui admire! " Emily Dickinson

Le verbe Être - André Breton

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Le Verbe Être Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Le désespoir n'a pas d'ailes, il ne se tient pas nécessairement à une table desservie sur une terrasse, le soir, au bord de la mer. C'est le désespoir et ce n'est pas le retour d'une quantité de petits faits comme des graines qui quittent à la nuit tombante un sillon pour un autre. Ce n'est pas la mousse sur une pierre ou le verre à boire. C'est un bateau criblé de neige, si vous voulez, comme les oiseaux qui tombent et leur sang n'a pas la moindre épaisseur. Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Une forme très petite, délimitée par un bijou de cheveux. C'est le désespoir. Un collier de perles pour lequel on ne saurait trouver de fermoir et dont l'existence ne tient pas même à un fil, voilà le désespoir. Le reste, nous n'en parlons pas. Nous n'avons pas fini de deséspérer, si nous commençons. Moi je désespère de l'abat-jour vers quatre heures, je désespère ...