Adieu, mystères, vieux mystères du vieux temps, vieilles croyances de nos pères, vieilles légendes enfantines, vieux décors du vieux monde ! Nous passons tranquilles maintenant, avec un sourire d’orgueil, devant l’antique foudre des dieux, la foudre de Jupiter et de Jéhova emprisonnée en des bouteilles ! Oui ! vive la science, vive le génie humain ! gloire au travail de cette petite bête pensante qui lève un à un les voiles de la création ! Le grand ciel étoilé ne nous étonne plus. Nous savons les phases de la vie des astres, les figures de leurs mouvements, le temps qu’ils mettent à nous jeter leur lumière. La nuit ne nous épouvante plus, elle n’a point de fantômes ni d’esprits pour nous. Tout ce qu’on appelait phénomène est expliqué par une loi naturelle. Je ne crois plus aux grossières histoires de nos pères. J’appelle hystériques les miraculées. Je raisonne, j’approfondis, je me sens délivré des superstitions. Eh bien, malgré moi, malgré mon vouloir et la joie de cette émancipation...
C’est pour cela peut-être qu’en toi s’unissent mon souvenir extrême et mon extrême oubli et je ne sais si tu es ma compagnie ou si tu es déjà ma solitude. Roberto Juarroz – Sexta poesía vertical Roberto Juarroz – Treizième poésie verticale (Decimotercera poesía vertical) Muet parmi les mots, presque aveugle parmi les regards, au-delà du coude de la vie, sous l’emprise d’un dieu qui est absence pure, je déplace l’erreur d’être un homme et corrige avec patience cette erreur. Ainsi je ferme à demi les fenêtres du jour, j’ouvre les portes de la nuit, je creuse les visages jusqu’à l’os, je sors le silence de sa caverne, j’inverse chaque chose et je m’assieds de dos à l’ensemble. Je ne cherche désormais ni ne trouve, je ne suis ici ni ailleurs, je me refais au-delà du souci, je me consacre...
Ça jase dans le jardin. Le camélia croissance lente a fleuri ! Il lui faudra être centenaire si elle pense voir son arbre grandir, se gondolent les lutins 😳,
Élévation Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées, Des montagnes, des bois, des nuages, des mers, Par delà le soleil, par delà les éthers, Par delà les confins des sphères étoilées, Mon esprit, tu te meus avec agilité, Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde, Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde Avec une indicible et mâle volupté. Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides; Va te purifier dans l'air supérieur, Et bois, comme une pure et divine liqueur, Le feu clair qui remplit les espaces limpides. Derrière les ennuis et les vastes chagrins Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse, Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse S'élancer vers les champs lumineux et sereins; Celui dont les pensers, comme les alouettes, Vers les cieux le matin prennent un libre essor, - Qui plane sur la vie, et comprend sans effort Le langage des fleurs et des choses muettes! Baudelaire
" Non que la poésie se soit, sinon lors de quelques vagues suicidaires, coupée du monde. Le silence qui l'entoure vient de ce que le monde, lui, est sourd, aveugle, insensible à ce qui est le plus beau don de l'esprit humain : l'invention du divin. "
Gastão Cruz - Petit sonnet du sommeil C’est le sommeil qui dort Comme dorment les pierres Et non les yeux qui meurent Derrière les paupières La nuit a un plateau Plus lourd en sa balance Lorsque sur lui s’abat Le sommeil qui s’endort Non nous ne dormons pas Non nous ne mourons pas Sous les paupières lourdes C’est le sommeil qui meurt Et c’est la mort qui dort Quand nous dormons en elle.
http://www.lesmachines-nantes.fr/fr/les-machines-de-l-ile/le-grand-elephant/ Eléphant Je l'aime cet éléphant Aux traits délicats J'accompagne sa solitude A travers fer et béton Né ici Il ne sait pas les vastes plateaux La poussière rouge des piste La beauté des points d'eau Né ici Il sait le fleuve et les mimosas La foule les flashs les jeux d'eau Je le suis au rythme Du battement de ses chevaux Il salue quand je le croise Notre souffle sans ombre Gabrielle BUREL 03/08/2017 https://theblogofgab.blogspot.fr/p/blog-page.html
Commentaires
Enregistrer un commentaire