Silence 9 & 10 ~ Gabrielle Burel sur La Cause Littéraire

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et

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Silence

1


Le silence crisse
sous la dent du vers
vrille l’oreille absolue


La lyre et sa clique
acharnées
décharnées
hyènes rieuses
dans une putride infamie
de mots crachés
à face de lune rousse
composent un air
que nul n’entendra


Seules les mouettes
éclairs des charniers
enchâssés au bord
de l’univers
traverseront le feu
nourri des absences


Le silence écorche
les langues saignées
aux promesses en blanc

2


Le silence ruisselle
égorgé d’un vers silex
sous les doigts glacés

La musique dévastée
d’un monde désaccordé
par l’ivresse de solitude
du métronome
à face de soleil roux
brise une à une
ses notes étranglées
que nul ne sentira gémir

Seuls les cormorans
éclairs d’onyx
encastrés au bord
des océans
caresseront le froid
nourri des détresses

Le silence laboure
les langues scarifiées
aux espoirs écrasés

3



Le silence étincelle
dans l’explosion
qui chasse le jour


Le chant et ses voix
éraillées
lézardées
en féroces saccades
à face rougeoyante
entament une mélopée
que nul ne saura
supporter


Seuls les goélands
éclairs voyageurs
arrêtés au bord
des gouffres
animeront le gel
nourri des espèces pétrifiées


Le silence enfonce
les langues tailladées
aux désirs étouffés

4



Le silence s’échappe
des cœurs engourdis
pétris d’effroi


Les murmures bâillonnés
des émotions chevillées
par les nuits obscures
aux affres du jour
à face grimaçante
s’intensifient en un chant
que nul ne pourra
interpréter sans frémir


Seules les hirondelles
éclairs de printemps
emboîtées au bord
des cieux
conserveront le message
nourri des tensions


Le silence écrase
les langues meurtries
aux sanglots acérés

5


Le silence se pose
sur les lèvres arides
gercées d’horreur


Les sons en cascade
des peurs échevelées
aux barbelés du rire
confrontées aux astres
à face rayonnante
explosent la gangue
de servitude
dont nul ne voudra plus


Seul le rouge-gorge
éclair de sang
scellé au bord
de la vie
gardera l’empreinte
nourrie des violences


Le silence efface
les langues sacrifiées
aux volontés bienséantes

6


Le silence s’impose
dans la négligence
impudente du travail


La souffrance du temps
galopant dans l’éternité
dévorée à l’échelle
inhumaine
à face incertaine
intériorise
le rêve inespéré
auquel nul ne veut croire


Seul le moineau
éclair citadin
figé au bord
du vertige
prendra la hauteur
nourrie des années


Le silence retient
les langues asséchées
aux horloges implacables

7


Le silence farte
ses pas de velours
sur la poudreuse


La buée des rythmes
sertis d’étoiles
surit dans le gris
déshumanisé
à face glaciale
qui enserre
cristalline
les pensées


Seule la dame blanche
éclair nocturne
insérée au bord
de sa vision
hululera l’obscur
nourri du passé


Le silence ravive
les langues brûlées
aux cimes éternelles

8


Le silence exhale
son souffle court
dans le givre bleu


L’illusion des cieux
grevés de nuages
lourds d’avenir
improbable
à face luisante
fuse sur l’ironie
comprimée
dans l’espace


Seul le Fou
éclair de Bass
immobilisé au bord
de sa fringale
pêchera la manne
nourrie du sel


Le silence ronge
les langues noyées
aux crêtes liquides



9

Le silence s’ordonne
dans le brouhaha
du jour indolent


La rancœur des êtres
dénués de liberté
est tenue au bout
du bras vengeur
à face grinçante
qui ricane
dans un bond
de puissance

Seule la mésange
Éclair étréci
stoppé au bord
de son ardeur
trouvera la source
nourrie d’amour

Le silence trahit
les langues frappées
au sceau du secret


10


Le silence parfume
le désert de solitude
du voyageur

La clarté du ciel
délabre l’amble
du pas de géant
immobile
à face de mirage
sous le carcan
qui blatère
de crainte

Seul le guêpier
éclair d’émeraude
incrusté au bord
des sables mouvants
occupera le sec
nourri des oueds

Le silence assèche
les langues tuméfiées
aux puits stériles

Gabrielle Burel

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