Faut que je te dise Ma fille a une maladie orpheline Un truc qui va la laisser Paralysée Au mieux Alors je meurs à petit feu Parce que Toucher sa gosse C'est affreux C'est impossible Juste impossible Gabrielle BUREL 20 09 19
Déconfiture Je ne crois pas que ce monde va changer On pointe toujours du doigt ceux qui sortent du cadre On crie au scandale à la moindre incartade Sans aucun sens de l'humour La peur partout s'insinue s'infiltre S'expose explose Ah ! la bonne conscience collective Si vous continuez (de sortir) nous serons tous cloîtrés Plus longtemps C'est si long d'être chez soi Avec soi Avec les siens Ceux qu'on a choisi pour la vie Cette vie qui s'arrête sur le vide Cette vie si précieuse qu'on y meurt Seul isolé désespéré De respirer sans exister Dommage collatéral D'une société qui ne sait plus Accompagner la mort Qui s'est crue invincible Parce que vaccinée Gabrielle
Tout dire Le tout est de tout dire, et je manque de mots Et je manque de temps, et je manque d'audace Je rêve et je dévide au hasard mes images J'ai mal vécu, et mal appris à parler clair. Tout dire les roches, la route et les pavés Les rues et leurs passants les champs et les bergers Le duvet du printemps la rouille de l'hiver Le froid et la chaleur composant un seul fruit Je veux montrer la foule et chaque homme en détail Avec ce qui l'anime et qui le désespère Et sous ses saisons d'homme tout ce qui l'éclaire Son espoir et son sang son histoire et sa peine Je veux montrer la foule immense divisée La foule cloisonnée comme un cimetière Et la foule plus forte que son ombre impure Ayant rompu ses murs ayant vaincu ses maîtres La famille des mains, la famille des feuilles Et l'animal errant sans personnalité Le fleuve et la rosée fécondants et fertiles La justice debout le pouvoir bien planté Paul Eluard
LE SAPIN Au milieu d’une forêt, en une belle place bien aérée et éclairée par le soleil, croissait un charmant petit sapin. Tout autour de lui se trouvaient une quantité de camarades plus âgés et par conséquent plus grands que lui : des pins altiers et des chênes énormes. Le plus ardent désir du petit sapin était d’égaler en hauteur ses voisins. Ce désir était tel qu’il ne faisait plus attention au brillant soleil et au ciel bleu ; les joyeux enfants du voisinage qui, en chantant et babillant, cueillaient des fraises et des framboises, passaient inaperçus devant lui. Souvent, quand ils avaient fait de fruits ample provision, ils venaient s’asseoir auprès du petit sapin en disant : — Comme il est joli et mignon ! Ah ! le beau petit arbre ! Ces paroles, qui auraient dû lui plaire, le remplissaient de dépit. — Petit, disait-il, toujours petit ! Chaque année, au printemps, il faisait une poussée, et l’année suivante, une poussée encore. I...
Parce que Parce que Demain sans toi Rejoint hier Dans le froid Parce que Vivre sans toi Éteint l'ardeur De tous les feux Parce que Chaque saison Porte ton nom Dans mon avenir Parce que Le jardin d'hiver Garde la splendeur Des beaux jours Parce que L'eau vive Des ruisseaux Se meurt de toi Parce que L'abîme Ne sépare Personne Parce que l'abîme ne sépare personne G abrielle Burel 09/12/14
Une nouvelle collaboration avec Ghislaine Lejard (Plasticienne et poète) http://ghislainelejard.blogspot.fr/ Livre pauvre en trois exemplaires 1 pour la médiathèque Jacques Demy à Nantes / 1 pour le plasticien / 1 pour le poète décembre 2017 Autre collaboration avec Ghislaine Lejard, une poésie visuelle 11/2016
Coup de foudre Ils sont tous deux convaincus d’être unis par un sentiment inattendu. C’est beau, une telle certitude mais l’incertitude est plus belle encore. Ils ne se connaissaient pas avant, et ils croient qu’il ne s’est jamais rien passé entre eux. Mais qu’en pensent les routes, les marches, les couloirs, où depuis longtemps ils pouvaient se croiser? Je voudrais leur demander s’ils se souviennent – d’un face à face, un jour peut-être dans une porte à tambour? un « excusez-moi » dans la foule? un « vous avez fait un faux numéro » dans le combiné? – mais je connais la réponse. Non, ils ne se souviennent pas. Ils seraient très surpris d’apprendre que depuis longtemps déjà le hasard jouait avec eux. Pas encore tout à fait prêt à se changer en destin, il les rapprochait, les éloignait, leur coupait la route et, étouffant un petit rire, s’écartait d’un bond. Il y eut des signes, des signaux, indéchiffrables, mais peu importe. Il y a tr...
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