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André Breton - Vigilance

VIGILANCE, PAR ANDRÉ BRETON. À Paris la tour Saint-Jacques chancelante Pareille à un tournesol Du front vient quelquefois heurter la Seine et son ombre glisse imperceptiblement parmi les remorqueurs À ce moment sur la pointe des pieds dans mon sommeil Je me dirige vers la chambre où je suis étendu Et j’y mets le feu Pour que rien ne subsiste de ce consentement qu’on m’a arraché Les meubles font alors place à des animaux de même taille qui me regardent fraternellement Lions dans les crinières desquels achèvent de se consumer les chaises Squales dont le ventre blanc s’incorpore le dernier frisson des draps À l’heure de l’amour et des paupières bleues Je me vois brûler à mon tour je vois cette cachette solennelle de riens Qui fut mon corps Fouillé par les becs patients des ibis du feu Lorsque tout est fini j’entre invisible dans l’arche Sans pren...

Alphonse Piché

LUEURS Le silence effarant de l'étoile le silence sacré de la pierre le silence mesquin du tombeau le silence anéanti de la mort le silence haletant de l'amour or tel un encens d'Orient le silence peuplé de tes yeux noirs incise l'espace prolonge les failles du destin et préside à l'éternité attentive Alphonse Piché - Retour

Guy Goffette

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https://blogs.mediapart.fr/demandre/blog/050113/guy-goffette-un-paradis-perdu https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01292860/document http://www.letoiledeslimites.com/guy-goffette/ http://revue-texture.fr/la-parole-qui-eclaire-de-l.html http://calounet.pagesperso-orange.fr/biographies/goffette_biographie.htm http://www.lesoir.be/archive/recup/%252Fguy-goffette-vit-dans-la-ville-ou-dort-rimbaud-l-emotio_t-19970719-Z0E010.html http://www.lacauselitteraire.fr/petits-riens-pour-jours-absolus-guy-goffette https://www.poemes.co/guy-goffette.html http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/goffette/goffetteguy.html "La poésie est le journal intime d'un animal marin qui est sur terre et qui veut voler." http://www.wikipoemes.com/poemes/guy-goffette/index.php http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2009/02/guy-goffettelattente.html http://pierresel.typepad.fr/la-pierre-et-le-sel/2011/09/guy-goffette.html   https...

Charles Le Quintrec

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Solitude Je suis hilare en plein carême J’ai trois amis mieux que de rois J’ai trois amis pour mes trois peines La solitude et mon poème Mon troisième n’est que moi. J’ai trois douleurs –mes trois corbeilles- Chacun sa vie grosse de sang Enfance triste des marelles Ai-je jamais été l’enfant Qui pousse Dieu à sa semelle ? Laissez passer la vie est grise Laisser pointer l’ongle du temps Qui m’écorche sous ma chemise Je préfère la solitude Dans le regard des pauvres gens Qui souffrent bien par habitude Charles Le Quintrec (1926-2008) Les temps obscurs 1953 Il faut marcher pour se calmer le sang Il faut tourner pour se croire au manège Il faut aimer pour comprendre la neige Il faut partir pour n'être pas absent. Charles Le Quintrec

Coquelicot ~ Gabrielle Burel

Coquelicot Caché dans les blés toujours de rouge vêtu tout droit comme un i ondoyant au gré du vent la robe à peine froissée Gabrielle Burel Tanka des champs sur Atelier Tanka fb  & Carnets de Chemins Page fb de Chantal Mignot Merci :) 30/04/2018

L;Angélus ~ Gabrielle Burel

L’angélus (de JF Millet) Paysans dévots recueillis dans la prière à l’appel des cloches rectitude vers le ciel qu’ils abreuvent de souffrance Gabrielle Burel

Norge

EN VOUS-MËME Rentrez en vous-même disait Alfred. Mais Jules protestait: j'aime la surface, moi, la profondeur des mers ne m'intéresse pas et mon contentement, c'est le soleil sur la vague, le reflet du rivage, un peu d'écume. D'ailleurs, en moi-même, il fait sinistre, il n'y a personne. QUOI OU QU'EST-CE? Stéphane pose toujours des questions embarrassantes. On connaît ça: c'est pour empêcher qu'on lui en pose. On réfléchit, on essaie de trouver, on peine sur des explications. Pendant ce temps-là, Stéphane peut cueillir une marguerite, écouter un merle, allumer un feu de bois. Il n'écoute pas; il déteste les réponses; il déteste les questions.... POUR L'ODEUR Encore des idées! on en avait déjà, dit Claude au visiteur qui se lissait la barbe. - Les miennes sont les vraies, jeune homme, il faut les croire. - Monsieur, lui répond Claude, avec tous mes respects, vous n'en aurie...

Georges Perros

GEORGES PERROS ( 1923-1978) "J'habite près de mon silence." et "Papiers collés" “Pour remplacer tous les amours que je n'aurai jamais et ceux que je pourrais avoir j'écris Pour endiguer le flux reflux d'un temps que sillonne l'absence et que mon corps ne peut tromper j'écris Pour graver en mémoire courte ce qui défait mes jours et nuits rêve réel, réel rêvé J'écris.“ "L'amour c'est le corps qui s'émeut en même temps que l'intelligence, que la connaissance, et la bat de vitesse, quoique enrichi par elle, si bien qu'elle ignore si elle est vaincue ou séduite." "Nous fabriquons du souvenir." " L'habitude, c'est l'animal en nous."

Boris Pasternak

" Ma honte croît avec le temps Lorsque je vois en ces jours blêmes Appeler chant Un mal suprême. Ce tapage dont on farcit La tête quand tout un pays Vomit les livres et se jette Sur pique et baïonnette, Tout ce tapage, est-il décent De l'appeler un chant ? " Boris Pasternak in Haute Maladie

Robert Momeux

« Il faut bien vivre avec sa peine Et chanter le malheur et l’amour et le temps La joie on la connait assez C’est elle qui frotte les étoiles du ciel Pour qu’un bout de nuit reste encore allumé. » Robert Momeux

Apollinaire

l' adieu J'ai cueilli ce brin de bruyère L'automne est morte souviens-t'-en Nous ne nous verrons plus sur terre Odeur du temps brin de bruyère Et souviens-toi que je t'attends Guillaume APOLLINAIRE

Michel Butor

MICHEL BUTOR Reflets Sur les verres les ongles peints la lampe les yeux des enfants le museau du chien sur la table le feu dans l'âtre les bouteilles l'écran de la télévision par la fenêtre irisations des vagues et nuages les phares des voitures sur les vitrines Sur la bouteille les visages les baisers des lèvres aux verres le rubis des vins les cheveux répons des vagues et voitures duos des nuages et vitrines émaux écailles et ferrures les yeux dans l'ombre les bijoux les nappes et l'argenterie Sur les fenêtres les rayons bulles et glaçons dans les verres la bouteille du népenthès clé de souvenir et d'oubli le fourmillement des voitures nuages de réverbération araignées de fils électriques yeux lumineux dans les vitrines Sur les vitrines les passants les nuages de foule affairée les yeux rivés sur les voitures les verres sur les guéridons les étiqu...

Réflexion... Emil Cioran

« Le plus grand service qu'on puisse rendre à un auteur est de lui interdire de travailler pendant un certain temps. Des tyrannies de courte durée seraient nécessaires, qui s'emploieraient à suspendre toute activité intellectuelle. La liberté d'expression sans interruption aucune expose les talents à un péril mortel, elle les oblige à se dépenser au-delà de leurs ressources et les empêche de stocker des sensations et des expériences. La liberté sans limites est un attentat contre l'esprit. » Emil CIORAN - De l'inconvénient d'être né , 1973

Les mots ~ Gabrielle Burel

Un mot attire un autre mot Ils s'étalent et s'étirent paresseusement Comme chat au soleil ... Gabrielle Burel 21 04 2018

Louis Aragon

Louis Aragon, J 'étais allé si loin dans la mer (Extrait de Celui qui dit les choses sans rien dire) J’étais allé si loin dans la mer que je me pris pour une barque J’avais si bien couru le vent que j’étais feuille de micocoulier J’avais tant aimé l’amour que je m’étais égaré par les îles Je ne savais plus où donner de la tête avec ce parfum térébrant des térébinthes En un mot c’était un temps d’aubépine et de caroubes Je me suis assis dans la lumière ainsi qu’un disciple perdu          A si j’avais pu peindre seulement un tout petit oiseau        Si j’avais pu peindre une bouche Un cheval pie ou mes souliers N’importe quoi même une mouche Si j’avais pu (Carnets de poésies)